Le mouvement des Gilets jaunes apparaît en novembre 2018 en France, à la suite de l’annonce d’une hausse de la taxe sur les carburants. Rapidement, cette contestation s’élargit à des revendications plus larges : pouvoir d’achat, justice fiscale, inégalités territoriales, et crise de la représentation politique. Il marque un tournant dans la mobilisation sociale contemporaine, en mettant en lumière le malaise croissant d’une partie de la population vivant en dehors des grands centres urbains.
Le mouvement, autonome et non structuré, s’organise principalement via les réseaux sociaux, sans encadrement partisan ou syndical. Il prend la forme d’occupations de ronds-points, de blocages économiques ponctuels, et surtout de manifestations hebdomadaires les samedis, appelées « actes », qui se déploient dans tout le pays, y compris dans des territoires peu habitués à la mobilisation.
À Paris, certains de ces rassemblements donnent lieu à des affrontements intenses, en particulier autour des Champs-Élysées, de l’Arc de Triomphe et des lieux de pouvoir. Des dégâts matériels importants sont constatés lors de plusieurs « actes », ainsi qu’un usage massif de matériel de maintien de l’ordre. Ces épisodes contribuent à structurer l’image du mouvement dans l’espace public et médiatique, entre contestation sociale, colère populaire et tension croissante dans les rues.
Le mouvement connaît un pic de mobilisation avec environ 300 000 manifestants lors de l’acte I, le 17 novembre 2018, avant de se fragmenter progressivement. Il reste, par son ampleur, sa durée et ses formes d’organisation, un marqueur fort de la vie sociale et politique française de la fin des années 2010.



























